Communiqué final de la journée de réflexion Europe solidaire du FSL

 
Après la journée de réflexion et de débat du FSL du 5 mai dernier, il faut revenir
brièvement sur le sens et le but de notre rencontre et surtout poser quelques
jalons pour la suite de notre action.

Finalement, cette journée nous apporte deux bonnes nouvelles.

Tout d'abord, le Forum social luxembourgeois existe, il l'a prouvé le 5 mai!

Ce qui démontre qu'il existe au Luxembourg la volonté et la capacité de débattre et
d'agir en commun.

Même si nos domaines d'action et nos positions sur certains sujets ne sont pas
identiques - c'est ce qui est apparu notamment à l'occasion du référendum sur le
projet de traité constitutionnel européen, en 2005 -, nous savons maintenant que,
pour être efficaces, nous devons continuer à échanger des informations et à mener
des actions communes.

Deuxième fait positif, le thème même de cette journée, c'est-à-dire l'Europe, telle
qu'elle se construit et telle que nous la voulons.

Aujourd'hui, nous avons pris acte du fait que les mouvements sociaux ne peuvent plus
se cantonner au niveau national. En effet, l'Europe - ou plus précisément l'Union
européenne - est devenue notre horizon à toutes et à tous. Il suffit de rappeler
que, dans les pays de l'UE,  plus de 60% de la législation "nationale" sont la
traduction directe de textes législatifs communautaires...

Nous ne pouvons donc plus ignorer cette dimension. Notre vie quotidienne et notre
avenir collectif en dépendent. Nous l'avons vu dans les différents ateliers: qu'il
s'agisse des droits sociaux, des services publics, de la démocratie, de
l'environnement ou de la solidarité internationale, la politique dictée par
Bruxelles l'emporte sur les politiques nationales.

Cependant, cette journée de rencontre n'est qu'un début.

L'Europe se construit. Mais quelle Europe, avec qui et pour qui?

Chacun sait qu'une forme d'association à l'échelle du continent est nécessaire pour
faire face à la mondialisation et à  ses périls. Mais l'enjeu est trop grave pour
que nous acceptions que le sujet soit monopolisé par les politiciens et les experts.
L'Europe doit refléter la volonté des peuples. C'est pourquoi la première exigence
que nous devons faire entendre est d'être associé(e)s aux débats et aux décisions.

Nous entendons donc rester mobilisé(e)s sur toutes les questions européennes. C'est
un travail d'information mutuelle que le FSL, avec la trentaine d'organisations
qu'il regroupe, est particulièrement en mesure d'accomplir. Il ne faut pas que nous,
citoyennes et citoyens, soyons pris(es) de court par des décisions qui nous
concernent au premier chef.

Nous  nous proposons de nous réunir régulièrement pour décider des actions à mener
en réaction à tout projet européen contraire aux exigences de justice sociale, de
paix et de respect de la planète qui sont les nôtres.

Nous allons créer un groupe de suivi sur la politique européenne, afin de ne plus
réagir tardivement et en ordre dispersé.

Mais cela ne suffit pas. Nous devons aussi nous faire entendre. Les Forums sociaux
doivent être consultés, au même titre que toutes les organisations représentatives
de la société (syndicats, associations, etc.).

C'est ainsi que le projet de traité constitutionnel aurait dû être élaboré. C'est
ainsi qu'il faudra qu'un nouveau traité soit élaboré. Par une consultation
démocratique à la base.

Tout cela exige que nous nous manifestions auprès des "décideurs" européens. C'est
au mouvement social d'imposer le débat sur la politique européenne. A cette fin, le
FSL organisera des débats et des actions sur les questions européennes au cours des
mois à venir.

Nous ne refusons pas l'Europe si nous sommes maîtres de décider quelle Europe nous
voulons: une Europe sociale et démocratique; une Europe de l'égalité entre les
hommes et les femmes et entre les "nationaux" et les migrants; une Europe pacifique
et solidaire avec les peuples qui luttent pour leurs droits.

C'est le même combat que mènent toutes celles et tous ceux qui se rendront aux
manifestations contre le G8, dont les chefs d'État se réunissent du 6 au 8 juin à
Heiligendamm, près de Rostock en Allemagne. Le G8, regroupement des huit pays les
plus riches de la planète, prétend - à l'instar du Fonds monétaire international ou
de la Banque mondiale - définir la politique à appliquer à l'ensemble de l'humanité
sans que celle-ci ait son mot à dire sur son propre sort!

Le FSL s'associe donc à l'appel au contre-sommet de protestation contre le G8, qui
aura lieu à Rostock du 1er au 8 juin.